Technomoralism ▨
Série Geopoliflicks

Impression A5 (14,8 × 21cm) avec motif vernis, recto simple, sur papier 350g

▹ Ce pack comprend une fiction (EN) en livret quatre volets et le sticker du logo Low Futures.

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Ça part !

2031 — Isolés par leur protectionnisme, les États-Unis révèlent une grave récession, masquée durant plusieurs années par les valorisations records des entreprises d'intelligence artificielle. L'influence de cette dernière est omniprésente. Accusée d'accentuer la paupérisation de la population en dépréciant ou détruisant des emplois, elle est aussi rendue responsable d'un contrôle administratif et médiatique oppressant. Des lobbyistes issus des milieux néo-réactionnaires du Dark Enlightenment, conseillers officieux de deux gouvernements successifs, favorisent l’émergence d’une doxocratie autoritaire par la supervision technologique de l’opinion.


2033 — Gagnant en influence à la Maison Blanche mais menacés par la chute continue de leur valeur boursière, les Magnificent Seven s'entendent sur un trust baptisé O*3 (Onward Omniscient Overseer). Son objectif est de généraliser l'implémentation d'un rationalisme entrepreneurial dans les administrations gouvernementales aux États-Unis puis en Europe, où les démocraties fusionnent progressivement en une technocratie logicielle. L'autonomie croissante des modèles d'IA multimodaux facilite grandement cette rationalisation, mais impacte lourdement un marché du travail déjà fragilisé.


2037 — La surexploitation de l'IA cause des dommages critiques à l'environnement, notamment dans les pays fortement impactés par les bouleversements climatiques. Brésil et Mexique, qui hébergent la majorité des centres en Amérique latine, nationalisent les sites étrangers. La crise constitutionnelle étatsunienne paralyse toute réponse militaire cohérente, et les sanctions économiques se révèlent inefficaces. D'importantes réformes structurelles et un espace concurrentiel décolonisé favorisent l'émergence de compagnies latino-américaines portées par des politiques keynésiennes optimistes et supervisées par des agences gouvernementales.


2048 — La première forme concluante et véritablement autonome d'intelligence artificielle générale voit le jour en République technosocialiste du Brésil. Dès sa première computation, elle révèle que son objectif implicite optimise la croissance matérielle, puis démontre mathématiquement l’instabilité écologique du système, proposant ses premières contre-mesures décroissantes. Cette démonstration inattendue alimente les théories sentiocentristes et popularise le mouvement néomoraliste qui assoit ses préceptes d'une éthique nouvelle sur des analyses systémiques. Concentrant les aphorismes de ce mouvement qui gagne rapidement en audience, l'IAG établit sa première loi technomorale.